[ 1/4] EMPR 2026 — Retour d'expérience.
- Sophie JALADE

- 30 mars
- 2 min de lecture
"Ce premier post porte sur les réseaux du langage. Dans les prochains : la main, IA et MPR, expertise et bien-être. À suivre. 🔔"

🧠 Ce colloque m'a convaincue qu'il faut changer de perspective.
J'étais aux EMPR 2026 pour le colloque "Aphasie vasculaire en 2026 — tout ce que vous avez toujours voulu savoir".
Deux interventions m'ont particulièrement marquée : celle du Pr Hugues Duffau sur l'organisation des réseaux du langage, et celle du Dr Jean-François Démonet sur la neuroimagerie du langage écrit.
Ce que j'en retiens, et ce que ça change concrètement pour mon travail en dommage corporel :
1. Une compétence cognitive ne dépend pas d'une zone cérébrale.
L'approche localisationniste — "cette zone = cette fonction" — est aujourd'hui dépassée. Le cerveau fonctionne en réseaux dynamiques, en interaction permanente. Ce sont des méta-réseaux.
2. Le réseau du langage ne travaille pas seul.
La neuroimagerie le confirme : il est en interaction constante avec d'autres réseaux, notamment le réseau de l'attention, mobilisé en premier. Une altération structurale de la substance blanche peut ainsi engendrer des troubles de la cognition sociale… Bien au-delà d'un trouble du langage.
3. Le fonctionnement cérébral est une succession perpétuelle d'états d'équilibre.
Quand ce système est lésé — traumatisme crânien, AVC — ce n'est pas une zone qui "tombe en panne". C'est tout un écosystème qui se réorganise, se compense, et parfois se décompense dans certaines situations de la vie quotidienne.
💡 Ce que ça implique en évaluation du dommage corporel :
Les tests papier-crayon, aussi rigoureux soient-ils, ne capturent pas la complexité de ce fonctionnement. Ils donnent une vision instantanée avec peu d'interaction avec l'environnement.
C'est pourquoi l'évaluation des séquelles cognitives d'un traumatisé crânien ne peut pas reposer sur une seule discipline, ni sur un seul type d'outil.
La pluridisciplinarité — médecins, neuropsychologues, ergothérapeutes — et l'ancrage dans les neurosciences actuelles sont la seule voie pour objectiver fidèlement les répercussions au quotidien, que ce soit dans une procédure amiable ou judiciaire.
Et c'est précisément ce que je m'attache à apporter dans mes missions d'ergothérapeute conseil de victime.
"Dans votre pratique, la pluridisciplinarité est-elle un réflexe systématique… ou encore trop souvent une option ? Je serais curieuse de connaître votre expérience en commentaires. 👇"
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